Menu principal:
Ateliers interculturels > Gastronomie et vins > La lettre gourmande
La bûche de noël, sans laquelle Noël ne serait plus Noël, tire très probablement ses origines des rites païens liés à la célébration du solstice d'hiver le 21 décembre, appelé jour de "yule'. et à partir duquel les jours rallongent. Il était donc coutume de célébrer le retour de la lumière par de grands feux de joie. Dans les pays scandinaves, où les fêtes de Noël revêtent une importance toute particulière, Noël s'appelle 'Juul" .
La tradition de la bûche de Noël, qui voulait que lors de la veillée de Noël, l'on place dans l'âtre de la cheminée une vraie bûche remonte au XIIe siècle. Elle est ainsi attestée en Allemagne (christbrand) dès 1184 et aux Pays-Bas dès 1264.
Au Moyen-Age, l'âtre ou le foyer des habitations européennes était un endroit particulièrement privilégié, car il apportait chaleur, confort et permettait la cuisson des aliments.
Quelques jours avant Noël, un gros tronc ou une souche étaient soigneusement sélectionnés pour tenir le plus longtemps possible. Elle était choisie en bois de fruitier comme le cerisier, le noyer, le châtaignier , l'olivier ou le chêne.
La sélection et la préparation de la bûche suivaient un rituel très précis. La bûche devait être coupée avant le lever du soleil. Après l'avoir décorée de feuillages et de rubans, elle devait être portée à deux jusque dans l'âtre.
Le rituel de l'allumage variait selon les régions, dans le sud, la bûche devait être bénie par le chef de famille à l'aide d'une branche de buis ou de laurier conservée depuis la fête des Rameaux avant d'être allumée par le plus jeune de la famille. Dans d'autres régions, la bûche devait impérativement être allumée avec des tisons provenant de la bûche de l'année précédente, alors qu'ailleurs elle était arrosée d'huile, de sel et de vin cuit afin d'éloigner les sorcières et d'assurer une bonne vendange....
La bûche de devait brûler le plus lentement possible. Au minimum elle devait se consumer durant toute la nuit de Noël, mais dans certaines régions elle devait tenir jusqu'à l'année nouvelle et même jusqu'à l'Epiphanie. L'On attribuait des vertus magiques aux cendres de la bûche de , elles étaient donc conservées et réparties pour protéger la maison de la foudre, conjurer du mauvais sort ou pour améliorer les récoltes.
Puis, au 19e siècle, l’âtre qui occupait la pièce centrale de la maison a été relégué aux cuisines. La bûche de bois est devenue un élément décoratif. La version gâteau de la bûche a alors fait son apparition en France. Il s’agit traditionnellement d’une génoise roulée et fourrée de crème, recouverte d’un glaçage nervuré de crème au beurre chocolat, café, vanille ou Grand-Marnier, imitant l’écorce et ornée de petits sujets rappelant les festivités, tels Père Noël, scie, sapin, rose, lutins, champignons voire même de bougies miniatures.
La bûche contemporaine
Apothéose du repas de réveillon, la bûche de Noël est de nos jours une source d’inspiration pour les plus grands pâtissiers et devient un objet de création. La bûche devient oeuvre d'art à admirer avant de déguster.
La bûche traditionnelle, bien que plebiscitée par la majorité des français, cède de plus en plus de place à des modèles esthétiques, voire conceptuels. Fruitées, aériennes, parfois glacées, les bûches nouvelle génération allient exotisme, goûts et couleurs.
Leetchis, rose , thé matcha, caramel salé ou gingembre, Noël devient fruité, fleuri, épicé.